L'APEHL veille toujours sur le dossier uranium

N. De Blois
Actualités - 18 mars 2008 Mise à jour à 12:39:09


La députée Johanne Deschamps et Élaine Brière, attachée politique du député Sylvain Pagé,
en compagnie de François Lapierre et Réal Richer, de l'APEHL.

 

Même si les activités de prospection d'uranium dans le secteur nord de la Lièvre défraient un peu moins la manchette en hiver, l'Association pour la protection de l'Environnement des Hautes-Laurentides continue de veiller au grain. L'APEHL déposait officiellement lundi, son mémoire réclamant la suspension des activités de prospection et éventuellement, d'exploitation d'uranium sur le territoire de la province de Québec.  

Il y a déjà un an que le comité uranium de l'Association de protection de l'Environnement des Hautes-Laurentides a conçu ce mémoire. Lundi, le document a été officiellement remis à la députée fédérale de Laurentides-Labelle Johanne Deschamps ainsi qu'à Élaine Brière, attachée politique du député Sylvain Pagé. Les députés se chargeront de le transmettre aux ministres des ministères concernés ainsi qu'aux premiers ministres de leur gouvernement respectif.  

Il faut aussi souligner que le député Sylvain Pagé avait déposé, il y a plusieurs mois, son propre mémoire décriant les activités uranifères et leurs visées. «Pour notre part, si nous avons attendu une année, c'est pour étoffer notre dossier d'un maximum de quelque 700 lettres d'appui», précise François Lapierre, porte-parole du comité uranium de l'APEHL.  

Il va de soi que pour l'APEHL, les activités de prospection et peut-être un jour, d'exploitation d'une mine à ciel ouvert dans les Hautes-Laurentides, sont tout à fait incompatibles avec la vocation récréotouristique de notre région qui s'affirme de plus en plus.  

135$ la livre

Actuellement, la livre d'uranium se vend environ 135$. «Dans notre secteur, les plus fortes concentrations prélevées par carottage des sols sont de 1.5 livres la tonne (0.075%). L'extraction d'une si faible concentration générerait environ 1998.5 livres de résidus miniers radioactifs. «C'est énorme», dit François Lapierre. Il ajoute que l'exploitation d'une mine à ciel ouvert nécessite de grandes quantités d'eau qui, une fois souillée, risque de se retrouver dans les plans d'eau.  

A titre comparatif, des concentrations d'uranium jugées «intéressantes» en Saskatchewan sont de 10 %. «L'opération d'une mine à ciel ouvert est très onéreuse. Mais si le prix de l'uranium continue de grimper, qui sait si une compagnie ne décidera pas de se lancer», questionne François Lapierre.  

D'après les recherches menées par le Comité uranium, une quarantaine de compagnies minières détiennent des titres (claims) dans la MRC d'Antoine-Labelle. «Elles ne sont pas toutes à la recherche d'uranium mais nous en avons identifiées plusieurs (Niegold, Nova Uranium, Uranor, Limestone, etc) de ce type qui ont des droits dans le secteur nord de la Lièvre (Chute-St-Philippe, Lac-St-Paul, Ferme-Neuve et dans le territoire environnant où l'on retrouve quantité de lacs et pourvoiries)», note M. Lapierre.  

Pas d'exploitation

Comme l'APEHL est d'avis qu'il faut tuer le rêve uranifère dans l'œuf, elle préconise l'arrêt des opérations d'exploration avant même que ne surgisse un projet d'exploitation. «A ce jour, il n'est pas possible de garantir l'utilisation sécuritaire de l'uranium pas plus que l'innocuité des déchets. La façon la plus sécuritaire d'agir, c'est de laisser le minerai là où il se trouve, enfoui sous la croûte terrestre», mentionne François Lapierre.  

L'APEHL entend donc continuer de faire pression sur les divers paliers politiques, la MRC et les municipalités pour obtenir un moratoire de 5 ans contre toute activité d'exploration et d'exploitation d'uranium sur l'ensemble du territoire québécois.